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Réparation d'une tête de violon

Durant de nombreuses années d'utilisation, les chevilles de ce violon ont peu à peu usé le bois du cheviller, augmentant le diamètre des perces et s'enfonçant jusqu'à devenir inutilisables.

Il a donc fallu les remplacer, mais pas avant de recoller la fente (très commune) au dessus du trou de la cheville de La ainsi que de renforcer le cheviller avec d'épais copeaux enroulés.
Ces pièces permettent non seulement de diminuer le diamètre des chevilles neuves, réduisant la friction et les rendant plus faciles à manipuler, mais aussi d'empêcher mécaniquement les cassures de se rouvrir en subissant les tensions de l'accordage. Du fait de l'orientation du bois, ces copeaux ne peuvent pas fendre dans le sens où est exercée la pression des chevilles.

Les retouches de vernis permettent ensuite de "camoufler" les pièces ajoutées pour leur donner un aspect similaire au reste de l'instrument.

Réparation de fentes de table

Après un accident, la table de ce violon s'est fendue en plusieurs endroits. 

Il a donc fallu ouvrir la caisse pour pouvoir les recoller et les renforcer.

La technique ci-contre, qui consiste à fixer temporairement des morceaux de bois pour pouvoir presser la fente lors du collage, permet un contrôle presque absolu du serrage, par effet de levier avec les cales  d'écartement centrales. Cette méthode garantit un collage optimal tout en préservant la forme originale de la voute, qui pourrait autrement se déformer avec la tension du serrage.

De petits taquets en épicéa sont ensuite ajustés et collés à l'intérieur le long de la cassure. Leurs fibres, orientées perpendiculairement à celles de la table d'harmonie les empêchent de fendre et, à l'image de pansements, leur permet de maintenir la "plaie" fermée. 

Restauration d'un violoncelle

La restauration complète de ce violoncelle comprenait une fente d'âme sur le fond qu'il fallait renforcer.

Pour ce faire, il a tout d'abord fallu la recoller, puis réaliser un moulage (ici partiel) de la voute extérieure pour pouvoir presser la pièce de renfort une fois ajustée.

Le principe est simple ; retirer du bois fendu pour le remplacer par du bois sain là où l'âme transmet la pression au fond de l'instrument. En pratique, il faut ajuster cette pièce en cuvette pour une meilleure stabilité dans le temps et éviter les déformations liées au mouvement du bois, ce qui rend l'opération difficile et parfois fastidieuse. La craie est utilisée pour déterminer les points hauts ; elle se transfère de la cuvette à la pièce bombée pour nous indiquer où retirer de la matière.

Au centre de là où l'âme viendra se poser, des 7mm de l'épaisseur originale du fond, il ne restera que 0,5mm, le reste étant comblé par le bois neuf.

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Camille Guisse - Luthier du Quatuor

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